Les chants de la douce France
(Zpěvy sladké Francie)

Traduit par Hanuš Jelínek
Poète, critique dramatique et littéraire, traducteur, Monsieur Hanuš Jelínek, né en 1878, fut professeur de français à l'Ecole Supérieure de Commerce en Bohême. En 1909, invité par l'historien Ernes Denis, il devint chargé de cours de littérature tchèque en Sorbonne. Il étudia les chansons populaires françaises qui ont été réunies et publiées dans son traduction sous le titre "Les Chants de la douce France"(1925). Après la création de la République tchécoslovaque, il passa au service diplomatiques de son pays. Lauréat de l'Académie française en 1928. Auteur de "Chansons populaires tchécoslovaques", "La Poésie française contemporaine", "Histoire de la littérature tchèque", monographies sur Alois Jirásek, sur Victor Dyk, nombreuses traductions dans les deux sens.

Contenu

À la claire fontaine
Auprès de ma blonde
Cadet Rousselle
Compère Guilleri
En passant par la Lorraine
Il était un petit navire
La complainte du roi Renaud
Le cantonnier
Le bon roi Dagobert
Le déserteur
Malborough
Marianne s'en va au moulin
Pernette
Trois jeunes tambours

La complainte du roi Renaud

Le texte d'après Doncieux, qui a comparé 59 versions françaises et 8 piémontaises de cette chanson. Elle a été chantée déjà à 1594 et son origine est assez complexe. Probablement issue de la greffe d'une chanson du XIII ème siècle qui raconte le retour du comte Renaud sur une chanson du XVIème (le comte Redor) issue d'une légende scandinave (le roi Olaf), reprise par le gwerz breton.

Le roi Renaud

Le roi Renaud de guerre vint
tenant ses tripes dans ses mains.
Sa mère était sur le créneau
qui vit venir son fils Renaud.

Král Renaud

Když král Renaud zpět z vojny šel,
svá střeva rukou přidržel.
Jej matka vidí s cimbuří :
„Můj syn Renaud se navrací !
- Renaud, Renaud, réjouis-toi!
Ta femme est accouché d'un roi!
- Ni de ma femme ni de mon fils
je ne saurais me réjouir.
Buď šťasten, Renaud, žena tvá
právě ti syna povila."
„Ni ze ženy, ni ze syna
se nepotěší duše má.
Allez ma mère, partez devant,
faites-moi faire un beau lit blanc.
Guère de temps n'y resterai:
à la minuit trépasserai.
Už cítím smrt, jak mrazí mne,
dej matko, ustlat lůžko mé.
Už dlouho tady nebudu,
v půlnoci žití pozbudu.
Mais faites-le moi faire ici-bas
que l'accouchée n'lentende pas.
Et quand ce vint sur la minuit,
le roi Renaud rendit l'esprit..
Zde dole ať mi ustelou,
já nechci vzbudit ženu svou."
A když pak půlnočňí čas byl,
král Renaud duši vypustil.
il ne fut pas le matin jour
que les valets pleuraient tous.
Il ne fut temps de déjeuner
que les servantes ont pleuré.
den bílý ješt: nenastal,
a každý sluha zaplakal ;
dřív ještě, nežli snídali,
už všechny služky plakaly.
- Mais dites-moi, mère, m'amie,
que pleurent nos valets ici ?
- Ma fille, en baignant nos chevaux
ont laissé noyer le plus beau.
„Ach, povězte mi, matko má,
proč sluha tolik naříká ?"
„Když koně v řece plavit byl,
ten nejlepší se utopil."
- Mais pourquoi, mère m'amie,
pour un cheval pleurer ainsi ?
Quand Renaud reviendra,
plus beau cheval ramènera.
„Proč, řekněte jen, matko má,
pro koně tolik naříká ?
Až Renaud z vojny přijede,
krásnější koně přivede.
Et dites-moi, mère m'amie,
que pleurent nos servantes ici ?
- Ma fille , en lavant nos linceuls
ont laissé aller le plus neuf.
Ach, řekněte mi, matko má,
proč služka pláče, naříká ?"
„Šla prostěradla k řece prát
a nechala je uplavat."
Mais pourquoi, mère m'amie,
pour un linceul pleurer ainsi ?
Quand Renaud reviendra,
plus beau linceul on brodera.
„Proč, řekněte jen, matko má,
proč tolik pro ně naříká ?
Až král Renaud se navrátí,
krásnější ještě nakoupí.
  Ach povězte mi, matko má,
kdo hřeby tady zatlouká ?"
„Má dcero, tesaři to jsou
a podlahu nám spravujou."
Mais, dites-moi, mère m'amie,
que chantent les prêtres ici ?
- Ma fille c'est la procession
qui fait le tour de la maison.
„Ach řekněte mi, matko má,
co kněží zpěv ten znamená ?"
„Má dcero, to je procesí,
co kolem domu obchází."
  „Ach povězte mi, prosím vás,
co znamená těch zvonů hlas ?"
„Z kostela průvod prosebný,
teď křížové jsou právě dny."
Or, quand ce fut pour relever,
à la messe elle voulut aller,
et quand arriva le midi,
elle voulut mettre ses habits.
A když čas přišel z lůžka vstát,
na mši se chtěla podívat.
A když už došel osmý den,
tu chtěla paní vyjít ven.
- Mais dites-moi, mère m'amie,
quel habit prendrai-je aujourd'hui ?
- Prenez le vert, prenez le gris,
prenez le noir pour mieux choisir.
„Zda můžete mi radu dát,
jaký bych měla vzíti šat ?"
„V zeleném, v šedém možno jít,
však nejlíp bude černé vzít."
- Mais dites-moi, mère m'amie,
qu'est-ce que ce noir-là signifie
- Femme qui relève d'enfant,
le noir lui est bien plus séant.
„Ach řekněte mi, matko má,
co černý ten šat znamená ?"
„Když žena z kouta zvedá se,
jí černé nejlíp hodí se."
  A když pak polem kráčely,
tři pasáčky jsou potkaly.
„To vdova je, tu míval pán,
co onehdy byl pochován."
  „Ach řekněte mi, matko má,
co pasáček to povídá ?"
„Ke spěchu jen vybízí nás,
chceme-li na mši přijít včas."
Quand elle fut dans l'église entrée,
un cierge on lui a présenté.
Aperçut en s'agenouillant
la terre fraîche sous son banc.
Když do kostela vstoupily,
jí voskovici podali.
Pod lavicí, jak klekala,
zem čerstvou náhle uzřela.
- Mais dites-moi, mère m'amie,
pourquoi la terre est rafraîchie?
- Ma fille, ne puis plus vous le cacher,
Renaud est mort et enterré.
„Ach, řekněte, co, matko má,
ta čerstvá hlína znamená ?"
„Dál dcero, nesnesu ten klam ;
Renaud je mrtev, pochován !"
- Renaud, Renaud, mon réconfort,
te voilà donc au rang des morts!
Divin Renaud , mon réconfort,
te voilà donc au rang des morts!
 
Puisque le roi Renaud est mort,
voici les clefs de mon trésor.
Prenez mes bagues et mes joyaux,
prenez bien soin du fils Renaud.
„Když Renaud král je pochován,
zde klíče své vám odevzdám.
Prsteny, šperky vezměte,
a synáčka se ujměte.
Terre, ouvre-toi, terre fends-toi,
que j'aille avec Renaud, mon roi !
Terre s'ouvrit, terre fendit,
et ci fut la belle englouti.
Zem otevři se, pukni zem,
ať mohu jíti za králem !"
Zem pukla, zem se zachvěla
a krásnou paní pozřela.

 

Déserteur

Chanson du XVIIIème ou du XIXème siècle, certains auteurs l'attribuent à Murger. L'excellente traduction tchèque de 1910 est dédiée à l'écrivaine Marie Majerová.
Je me suis t'engagé
pour l'amour d'une blonde (bis)
Là où j'étais logé
On m'a bien conseillé
Qu'il fallait déserter
Sans avoir mon congé.








En mon chemin faisant
Trouvai mon capitaine (bis)
Mon capitaine me dit
Où vas-tu sans-souci
Vas-t-en dans ces vallons
rejoindre ton bataillon.








Je pris mon sabre en main
Je mis mon sac en terre (bis)
Je mis mon sac à bas
Le fusil à mon bras
Et me suis battu là
Comme un vaillant soldat.

Au premier coup tiré
Tuai mon capitaine (bis)
Mon capitaine est mort
Et moi je vis t'encor
Hélas avant trois jours
Ce sera z'à mon tour.

Qui m'y feront mourir
Ce sont mes camarades (bis)
Ils me banderont les yeux
Avec un mouchoir bleu
Pour me faire mourir
Sans me faire souffrir.

Que l'on mette mon coeur
Dans une serviette blanche (bis)
Qu'on le porte au pays
Qu'on le donne à ma mie
Disant Voilà le coeur
De votre serviteur.

Soldats de mon pays
Ne le dites pas à ma mère (bis)
Mais dites-lui plutôt
Que je suis à Bordeaux
Prisonnier des Anglais
Qu'elle me reverra jamais.
Na vojnu jsem se dal
pro krásnou plavovlásku.
Ne pro prsten zlatý snad,
- ten má mi ještě dát -
že nechtěla se dát
ode mne zulíbat.

Na vojnu jsem se dal,
my hned do boje táhli.
Tam co jsme v kvartýru byl,
mi voják poradil,
abych si volno vzal,
svolení nežádal.

Já na cestu se dal,
vtom potkám kapitána.
I ptá se pan kapitán :
„Kampak si jdeš jak pán ? ”
„Jdu támhle nahoru
k našemu praporu.”

„Vojáčku, ty máš žal,
že máš rád plavovlásku,
ale ty nejsi sám,
hleď, prsten on ní mám,
tím důkaz tobě dán,
že jsem její galán.”

Tam v tichém údolí
potůček jasný zpívá.
Já kabát odhodil
a šavli vytasil
a statečně se bil
jak pravý kavalír.

Tam v louce zelené
já zabil kapitána.
Kapitán mrtev kles,
já živ jsem ještě dnes,
však nejdýl do tří dnů
v tvář smrti pohlédnu.

A kdo mne odpraví,
to budou kamarádi.
Dřív zavážou mi však
šátečkem modrým zrak
a bez trápení, hned,
pošlou na onen svět.

Mé srdce vložte pak
do bělounkého šátku
a k nám je pošlete,
mé milé řekněte :
„To srdce pro tě dal,
hoch, jenž tě miloval.”

Vojáci z naší vsi,
nic neříkejte mámě.
Povězte jí, že jsem
v Holandsku zajatcem,
a můžete jí říct,
že nespatří mě víc.



Trois jeunes tambours

midi
Chanson du moitiée du XVIIIème, origine Bretagne ou Normandie ou Poitou. Par la reine de Hongrie on comprend Marie-Thérèse de Habsbourg.
Trois jeunes tambours s'en revenant de guerre. (bis),
Et ri et ran, ran pa ta plan,
S'en revenant de guerre.
Tři tamboři šli kdysi z vojny domů,
a bim a bum, ratata bum,
šli kdysi z vojny domů.
Le plus jeune a dans sa bouche une rose. (bis),
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Dans sa bouche une rose.
Ten nejmladší má v puse rudou růži,
a bim a bum, ratata bum,
má v zubech rudou růži.
Fille du roi était à sa fenêtre. (bis),
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Etait à sa fenêtre.
Královská dcera u okýnka stála,
a bim a bum, ratata bum,
tam u okýnka stála.
Joli tambour donne-moi donc ta rose. (bis),
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Donne-moi donc ta rose.
„Tambore švarný, dej mi svoji růži,
a bim a bum, ratata bum,
dej mi tu svou růži.”
Fille de roi donne-moi donc ton coeur. (bis),
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Donne-moi donc ton coeur.
„Královská dcero, dej mi srdce za ni,
a bim a bum, ratata bum,
své srdce dej mi za ni.”
Joli tambour, demande le à mon père. (bis),
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Demande le à mon père.
„Tambore švarný, žádej otce mého,
a bim a bum, ratata bum,
ptej se otce mého.
Sire le roi, donnez-moi votre fille. (bis),
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Donnez-moi votre fille.
„Hej, pane králi, dej mi svoji dceru,
a bim a bum, ratata bum,
dej mi svoji dceru.”
  „Tambore švarný, jaké je tvé jmění ?
a bim a bum, ratata bum,
jaké je tvé jmění ?”
  „Mám pane králi, buben s paličkami,
a bim a bum, ratata bum,
mám buben s paličkami.”
Joli tambour, tu n'es pas assez riche. (bis),
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Tu n'es pas assez riche.
„Za to nekoupíš své ženě ani sukni,
a bim a bum, ratata bum,
nekoupíš ani sukni.”
J'ai trois vaisseaux dessus la mer jolie. (bis),
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Dessus la mer jolie.
„Tři koráby mám já na širém moři,
a bim a bum, ratata bum,
já mám na modrém moři.
L'un chargé d'or, l'autre de pierreries. (bis),
Et ri et ran, ran pa ta plan,
L'autre de pierreries.
V jednom je zlato, v druhém drahokamy,
a bim a bum, ratata bum,
a v druhém drahokamy.
Et le troisième pour promener ma mie. (bis),
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Pour promener ma mie.
V třetím se bude vozit moje paní,
a bim a bum, ratata bum,
vozit budu svou paní.”
Joli tambour, dis-moi quel est ton père. (bis),
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Dis-moi quel est ton père.
„Tambore švarný, jmenuj otce svého,
a bim a bum, ratata bum,
jmenuj mi otce svého.”
Sire le roi, c'est le roi d'Angleterre. (bis),
Et ri et ran, ran pa ta plan,
C'est le roi d'Angleterre.
„Můj otec, pane, král je Angličanů,
a bim a bum, ratata bum,
je králem Angličanů.
  A matka má je v Uhrách panovnicí,
a bim a bum, ratata bum,
je v Uhrách panovnicí.”
Joli tambour, tu auras donc ma fille. (bis),
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Tu auras donc ma fille.
„Tambore švarný, máš mít moji dceru,
a bim a bum, ratata bum,
máš dostat moji dceru !”
Sire le roi, je vous en remercie. (bis),
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Je vous en remercie.
„Můj pane králi, děkuju vám za ni,
a bim a bum, ratata bum,
děkuju pěkně za ni.
Dans mon pays y'en a de plus jolies. (bis),
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Y'en a de plus jolies.
Jsou u nás hezčí holky k milování,
a bim a bum, ratata bum,
jsou hezčí k milování !'


Le cantonnier

Chanson de Poitou du XVIIIème siècle.
Sur la route de Louviers, (bis)
Y avait un cantonnier. (bis)
Et qui cassait
des tas de cailloux. (bis)
Pour mettr' su' l'
passage des roues. (bis)

Un' bell' dam' vint à passer, (bis)
Dans un beau caross' doré. (bis)
Et qui lui dit :
pauv' cantonnier, (bis)
Tu fais un fichu
métier. (bis)

Le cantonnier lui répond : (bis)
Faut qu'j'nourrissions nos garçons, (bis)
Car si j'roulions
carross' comm' vous (bis)
Je n'casserions
point d'cailloux. (bis)

Cette répons' se fait r'marquer, (bis)
Par sa grande simplicité. (bis)
C'est c'qui prouv'
les malheureux, (bis)
S'ils le sont, c'est
malgré eux. (bis)
Na silnici do Drábil
jednou jeden cestář byl
a kamení
a kamení
tam roztloukal
a silnici štěrkoval.

Paní v zlatém kočáře
tam uviděla cestáře
a povídá
a povídá :
„cestáři náš,
těžkou práci tady máš.”

Cestář na to odpoví :
„Milá paní, to se ví,
kdybych já moh
tak jako pán
jezdit ve zlatém kočáře,
nedělal bych cestáře.”



    folklore français à la sauce tchèque

Auprès de ma blonde

Vojenská píseň asi z r. 1692
Dans les jardins d'mon père,
les lilas sont fleuris, (bis)
Tous les oiseaux du monde
vienn't y faire leurs nids.

Tous les oiseaux du monde
vienn't y faire leurs nids (bis)
La caill', la tourterelle,
et la jolie perdrix.

La caill', la tourterelle,
et la jolie perdrix, (bis)
Et ma jolie colombe,
qui chante jour et nuit.

Et ma jolie colombe,
qui chante jour et nuit, (bis)
Ell' chante pour les filles
qui n'ont pas de mari.

Ell' chante pour les filles
qui n'ont pas de mari, (bis)
Pour moi ne chante guère,
car j'en ai un joli.

Pour moi ne chante guère,
car j'en ai un joli, (bis)
Mais dites-moi donc belle,
ou est votre mari ?

Mais dites-moi donc belle,
ou est votre mari ? (bis)
Il est dans la Hollande,
les hollandais l'ont pris !

Il est dans la Hollande,
les hollandais l'ont pris ! (bis)
Que donneriez vous belle
à qui l'ira quéri ?

Que donneriez vous belle
à qui l'ira quéri ? (bis)
Je donnerais Touraine,
Paris et Saint-Denis.

Je donnerais Touraine,
Paris et Saint-Denis, (bis)
Les tours de Notre-Dame,
le clocher de mon pays.

Les tours de Notre-Dame,
le clocher de mon pays. (bis)
Et ma jolie colombe
qui chante jour et nuit.

REFRAIN
Auprès de ma blonde,
Qu'il fait bon, fait bon, fait bon,
Auprès de ma blonde,
Qu'il fait bon dormir.
V zahrádce otce mého
jsou bezy samý květ,
tam křepelčí je hnízdo
a hnízdo hrdliček.

Tam křepelčí je hnízdo
a hnízdo hrdliček,
a sivé holubičky
zní ve dne v noci zpěv.

Tam sivá holubička
dnem nocí cukruje,
děvčátka bez milého
snad ona lituje.

Děvčátka bez milého
snad ona lituje,
však já mám hocha svého,
a švarný hoch to je.






Však já mám hocha svého,
a švarný hoch to je ;
Holanďané ho chytli,
v Holandsku zajat je.






Holanďané ho chytli,
domů se nevrátil.
Co dala bys, má krásná,
aby zas doma byl ?

Co dala bys, má krásko,
když se ti navrátí ?
Ja dala bych Versailles,
Paříž a Saint-Denis.

Ja dala bych Versailles,
Paříž, Saint-Denis též,
i věže z Notre-Dame
a k tomu naši věž.

I věže z Notre-Dame,
z kostela našeho,
jen abych doma měla
zas svého milého.

REFRÉN
Ó má plavovlásko,
jak sladko je tě milovat,
ó má plavovlásko,
jak sladko s tebou spát...

A la claire fontaine

Chanson connue en Bretagne, Normandie, Poitou et Québec, probablement de la moitié du 17e siècle.
A la claire fontaine
M'en allant promener,
J'ai trouvé l'eau si belle
Que je m'y suis baigné.

REFRAIN :
Il y a longtemps que je t'aime
Jamais je ne t'oublierai !

Sous les feuilles d'un chêne
Je me suis fait sécher ;
Sur la plus haute branche
Le rossignol chantait.






Chante, rossignol, chante,
Toi qui a le coeur gai,
Tu as le coeur à rire...
Moi, je l'ai à pleurer !

Je voudrais que la rose
Fut encore au rosier,
Et que mon doux ami
Fut encore à m'aimer.

J'ai perdu mon ami,
Sans l'avoir mérité,
Pour un bouquet de roses
Que je lui refusai.















Já z veselky šla hájem
a byla znavená.
Tam studánku jsem našla,
v ní voda studená.

REFRÉN :
Už dávno tě mám ráda.
Budu tvá navěky...

Já se v ní vykoupala
pod dubem košatým
a pak se osušila
za listem dubovým.

Když jsem se usušila
a chtěla jíti dál,
tu na nejvyšší větvi
slavíček zazpíval.

Jen zpívej, ptáčku, zpívej,
veselé srdce máš ;
však já jsem zarmoucená,
pro mne ty nezpíváš.

Já příliš brzo z růže
své poupě zadala.
Teď chtěla bych, by růže
na keři zůstala,

a aby rád mne ještě
měl hoch můj milený,
a král, co mi ho odved,
aby byl pohřbený.

Já budu samotinká
do smrti naříkat,
a on tam před palácem
na vartě musí stát.

Královna z okna hledí
a vzíti mi ho chce,
dá si ho zavolati
do krásné ložnice,

tam zapomenout dá mu,
že mohl rád mě mít,
že příliš milovala,
pak ho dá oběsit.

Malbrough

Contrairement au texte de la chanson, John Churchill, duke of Marlborough, est mort dans son lit en 1722 et non pendant la bataille de Malplaquet en 1709, où la chanson a vraisemblablement été composée. Plus tard, Marie Antoinette l'a entendue chanter par la nourice de son fils et Beaumarchais a utilisé cette mélodie dans "Les noces de Figaro" : J'avais une marraine...
Malbrough s'en va-t-en guerre,
Mironton, mironton, mirontaine,
Malbrough s'en va-t-en guerre,
Ne sait quand reviendra. (ter)

Il reviendra-z-à Paques,
Mironton, mironton, mirontaine,
Ou à la Trinité. (ter)

La Trinité se passe,
Mironton, mironton, mirontaine,
Malbrough ne revient pas. (ter)

Madame à sa tour monte,
Mironton, mironton, mirontaine,
Si haut qu'elle peut monter. (ter)

Elle voit venir son page,
Mironton, mironton, mirontaine,
Tout de noir habillé. (ter)

Beau page, mon beau page,
Mironton, mironton, mirontaine,
Quelles nouvell's apportez ? (ter)

Aux nouvell's qu j'apporte,
Mironton, mironton, mirontaine,
Vos beaux yeux vont pleurer. (ter)

Quittez vos habits roses,
Mironton, mironton, mirontaine,
Et vos satins brochés. (ter)

Monsieur Malbrough est mort,
Mironton, mironton, mirontaine,
Est mort et enterré. (ter)

J'l'ai vu porter en terre,
Mironton, mironton, mirontaine,
Par quatre-z-officiers. (ter)





L'un portait sa cuirasse,
Mironton, mironton, mirontaine,
L'autre son bouclier. (ter)

L'un portait son grand sabre,
Mironton, mironton, mirontaine,
L'autre ne portait rien. (ter)

A l'entour de sa tombe,
Mironton, mironton, mirontaine,
Romarins fut planté. (ter)

Sur la plus haute branche,
Mironton, mironton, mirontaine,
Un rossignol chantait. (ter)

On vit voler son ame,
Mironton, mironton, mirontaine,
Au travers des lauriers. (ter)

La cérémonie faite,
Mironton, mironton, mirontaine,
Chacun s'en fut coucher. (ter)

Les uns avec leurs femmes,
Mironton, mironton, mirontaine,
Et les autres tout seuls. (ter)

J'n'en dit pas davantage,
Mironton, mironton, mirontaine,
Car en voilà-z-assez. (ter)
Malbruk na vojnu jede,
mironton, tonton, mirontaine,
Malbruk na vojnu jede :
"Kdy vrátím se, ví Bůh. (ter)

K velkonocům se vrátím,
mironton, tonton, mirontaine,
nebo na Trojici." (ter)

Trojice dávno přešla,
mironton, tonton, mirontaine,
Malbruk se nevrací.

Tu paní na věž stoupá,
mironton, tonton, mirontaine,
co může nejvýše.

Své páže z dálky vidí,
mironton, tonton, mirontaine,
je černě oděné.

"Mé páže, krásné páže,
mironton, tonton, mirontaine,
jakou nesete zvěst ?"

"Nad zprávami, jež nesu,
mironton, tonton, mirontaine,
váš krásný zpláče zrak.

Růžové svlecte roucho,
mironton, tonton, mirontaine,
střevíčky z brokátu.

Černé si vemte šaty,
mironton, tonton, mirontaine,
střevíce leštěné.

Malbruk ve válce padl,
mironton, tonton, mirontaine,
je mrtev, pochován.

Já čtyři důstojníky
mironton, tonton, mirontaine,
zřel, jak ho nesli v hrob.

Jeden nes kyrys jeho
mironton, tonton, mirontaine,
a druhý nesl štít.

Ten třetí nesl šavli
mironton, tonton, mirontaine,
a čtvrtý nenes nic.

A kolem hrobu jeho
mironton, tonton, mirontaine,
vsadili rozmarýn.

A na nejvyšší větvi
mironton, tonton, mirontaine,
slavíček zazpíval.

On svojí řečí říkal :
mironton, tonton, mirontaine,
Requiescat in pace !

A když se obřad skončil,
mironton, tonton, mirontaine,
šel každý domů spát.

Ten jeden se svou ženou,
mironton, tonton, mirontaine,
ten druhý zcela sám.

Už déle nechci zpívat,
mironton, tonton, mirontaine,
neb zpíval jsem už dost."

Petit navire

Chanson des marins de Bretagne du 16e siècle qui est arrivée jusqu'à la Scandinavie et en Islande.
Il était un petit navire
Il était un petit navire
Qui n'avait ja-ja-jamais navigué
Qui n'avait ja-ja-jamais navigué

REFRAIN :
Ohé, ohé...
Ohé, ohé Matelot
Matelot navigue sur les flots
Ohé, ohé Matelot
Matelot navigue sur les flots

Il entreprit un long voyage
Sur la mer Mé-Mé-Méditérannée
ohé, ohé !

Au bout de cinq à six semaines (bis)
Les vivres vin-vin-vinrent à manquer (bis)
ohé, ohé !

Et l'on tira la courte paille (bis)
Pour savoir qui-qui-qui serait mangé (bis)
ohé, ohé !

Le sort tomba sur le plus jeune (bis)
Bien qu'il ne fut-fut-fut pas très épais (bis)
ohé, ohé !

On cherche alors à quelle sauce (bis)
Le pauvre enfant-fant-fant, sera mangé (bis)
ohé, ohé !

L'un voulait qu'on le mit à frire (bis)
L'autre voulait-lait-lait, le fricasser (bis)
ohé, ohé !

Pendant qu'ainsi on délibère (bis)
Il monte en haut-haut-haut, du grand hunier (bis)
ohé, ohé !

Il fit au ciel une prière (bis)
Interrogeant-geant-geant l'immensité (bis)
ohé, ohé !

Mais regardant la mer entière (bis)
Il vit les flots-flots-flots, de tous cotés (bis)
ohé, ohé !

Oh sainte Vierge, oh ma patronne (bis)
Cria le pau-pau-pauvre infortuné (bis)
ohé, ohé !

Si j'ai péché, vite pardonne (bis)
Empêche-les-les-les de me manger (bis)
ohé, ohé !

Au même instant un grand miracle (bis)
Pour l'enfant fut, fut, fut réalisé (bis)
ohé, ohé !

Des p'tits poissons dans le navire (bis)
Sautèrent par-par-par, et par milliers (bis)
ohé, ohé !

On les prit, on les mit à frire (bis)
Le jeune mou-mou-mousse fut sauvé (bis)
ohé, ohé !

Si cette histoire vous amuse, (bis)
Nous alons la-la-la recommencer (bis)
ohé, ohé !
Byla jednou loďka malá,
byla jednou loďka malá,
na vodě jak jak jakživ nebyla,
na vodě jak jak jakživ nebyla,

REFRÉN :
Ohé, ohé...
ohé, ohé, námořník,
námořníci plujou ve po vlnách,
ohé, ohé, námořník,
námořníci plujou ve vlnách !

Spustila se do Středozemí,
na dlouhou se ce-ce cestu vydala,
ohé, ohé !

Když pět neděl na moři byla,
tu náhle do-do došly zásoby,
ohé, ohé !

Los tahali o slámku krátkou,
by určili, kdo-kdo má sněden být,
ohé, ohé !

Vytáh si ji plavčík nejmladší,
ač byl velmi mi-mi hubený.
ohé, ohé !

S jakou omáčkou ho budeme jíst ?
Chudák dítě neví ka-ka neví kam utýct.
ohé, ohé !

Jeden chce, aby byl usmažen,
druhý chce, by-by byl uvařen.
ohé, ohé !

Zatímco se takhle hádají,
plavčík šplhá ha-há do ráhnoví.
ohé, ohé !

A když je nahoře v koši,
záchranu hledá dá-dá v dáli.
ohé, ohé !

Ale vidí jen vlny ze všech stran,
vidí vlny kol-kol kolem dokola.
ohé, ohé !

Panno Maria, matko Boží,
křičí ten ne-ne nebožák.
ohé, ohé !

Hřešil-li jsem, smiluj se nade mnou,
nenech mě-mě nenech mě sežrat !
ohé, ohé !

V tu chvíli pro zbožné dítě
velký zá-zá zázrak nadestal :
ohé, ohé !

Tisíce rybiček přiletělo
na palu-lu na palubu hned.
ohé, ohé !

Chytli je a usmažili si
tak plavčík byl byl-byl zachráněn.
ohé, ohé !

A jestli naše píseň se vám nelíbí,
my můžem za-za, začít nanovo,
ohé, ohé !

Cadet Rousselle

Une imitation de la vielle chanson de Jean de Nivelle. Une figure de la farce "Cadet Rouselle coiffeur" d'Aude. 18e s.

Cadet Rousselle

Cadet Rousselle a trois maisons (bis)
Qui n'ont ni poutres, ni chevrons (bis)
C'est pour loger les hirondelles,
Que direz-vous d'Cadet Rousselle ?
Ah ! Ah ! Ah ! oui vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant.

Cadet Rousselle a trois habits (bis)
Deux jaunes, l'autre en papier gris (bis)
Il met celui-là quand il gèle,
Ou quand il pleut, ou quand il grêle.
Ah ! Ah ! Ah ! oui vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant.

Cadet Rousselle a trois beaux yeux (bis)
L'un r'garde à Caen, l'autre à Bayeux (bis)
Comme il n'a pas la vue bien nette,
Le troisième c'est sa lorgnette.
Ah ! Ah ! Ah ! oui vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant.

Cadet Rousselle a une épée, (bis)
Très longue, mais toute rouillée, (bis)
On dit qu'ell' ne cherche querelle,
Qu'aux moineaux et qu'aux hirondelles.
Ah ! Ah ! Ah ! oui vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant.

Cadet Rousselle a trois garçons, (bis)
L'un est voleur, l'autre est fripon, (bis)
Le troisième est un peu ficelle,
Il ressemble à Cadet Rousselle.
Ah ! Ah ! Ah ! oui vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant.

Cadet Rousselle a trois gros chiens, (bis)
L'un court le lièvr', l'autre le lapin, (bis)
L'troisièm' s'enfuit quand on l'appelle,
Comm' le chien de Jean d'Nivelle.
Ah ! Ah ! Ah ! oui vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant.

Cadet Rousselle a trois beaux chats, (bis)
Qui n'attrapent jamais les rats. (bis)
Le troisièm' n'a pas de prunelles,
Il monte au grenier sans chandelle.
Ah ! Ah ! Ah ! oui vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant.

Cadet Rousselle a marié, (bis)
Ses trois filles dans trois quartiers (bis)
Les deux premièr's ne sont pas belles,
La troisièm' n'as pas de cervelle.
Ah ! Ah ! Ah ! oui vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant.

Cadet Rousselle a trois deniers, (bis)
C'est pour payer ses créanciers, (bis)
Quand il a montré ses ressources,
Il les ressere dans sa bourse.
Ah ! Ah ! Ah ! oui vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant.

Cadet Rousselle ne mourra pas, (bis)
Car avant de sauter le pas, (bis)
On dit qu'il apprend l'orthographe,
Pour fair' lui-mêm' son épitaphe.
Ah ! Ah ! Ah ! oui vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant.

Matěj Tuhý

Matěj Tuhý tři domy má,
z nich žádný střechu, krov nemá.
Kol komína tam vítr hvízdá
a vlaštovky tam mají hnízda.
Á, á, povídám vám,
Matěj Tuhý je hodný pán.

Tři kabáty má na háku,
dva z plátna, třetí z pijáku.
Ten obléká, vždyť není hloupý,
když prší a padají kroupy.
Á, á, povídám vám,
Matěj Tuhý je hodný pán.

Matěj Tuhý má očí tré,
ty první dvě jsou šilhavé.
Když rovně upříti chce pohled,
on vezme sobě dalekohled.
Á, á, povídám vám,
Matěj Tuhý je hodný pán.

Matěj Tuhý má tři vlasy
a ty mu stačí do krásy.
Dva napřed má a jeden vzadu,
z těch cop si plete pro parádu.
Á, á, povídám vám,
Matěj Tuhý je hodný pán.

Matěj má tři psy honicí,
dva nejradš honí slepici.
Ten třetí vycvičen je, brachu,
zavolej ho, a už je v prachu.
Á, á, povídám vám,
Matěj Tuhý je hodný pán.

Matěj Tuhý tři syny má :
jeden lump, druhý ničema.
Ten třetí praštěný je trochu ;
jsi jistě po tátovi, hochu.
Á, á, povídám vám,
Matěj Tuhý je hodný pán.







Matěj Tuhý tři groše má,
tuze rád dluhy platívá.
Peníze vyndá, ale znova
zas do kapsy je rychle schová.
Á, á, povídám vám,
Matěj Tuhý je hodný pán.

Matěj Tuhý je tuze rád,
když na divadle může hrát.
Každý se rád na něho dívá,
u slepych velký úspěch mívá.
Á, á, povídám vám,
Matěj Tuhý je hodný pán.

Matěj žít bude mnoho let,
neb dříve než na onen svět
on na študie chce se dáti,
aby se doved podepsati.
Á, á, povídám vám,
Matěj Tuhý je hodný pán.

En passant par la Lorraine

Une vieille chanson militaire, vraisemblablement d'origine bretonne, mais connue dans toutes les provinces avec beaucoup de variations (exemple En m'en revenant de Rennes...).
En passant par la Lorraine
avec mes sabots (bis)
Rencontrai trois capitaines,
avec mes sabots dondaine
Oh, oh, oh !
avec mes sabots

Rencontrai trois capitaines
avec mes sabots
Ils m'ont appelée "Vilaine",
avec mes sabots dondaine
Oh, oh, oh !
avec mes sabots.

Ils m'ont appelée "Vilaine",
avec mes sabots
Je ne suis pas si vilaine,
avec mes sabots dondaine
Oh, oh, oh !
avec mes sabots

Je ne suis pas si vilaine,
avec mes sabots
Puisque le fils du roi m'aime,
avec mes sabots dondaine
Oh, oh, oh,
avec mes sabots

Puisque le fils du roi m'aime
avec mes sabots
Il m'a donné pour étrenne
avec mes sabots dondaine
Oh, oh, oh,
avec mes sabots

Il m'a donné pour étrenne
avec mes sabots
Un bouquet de marjolaine
avec mes sabots dondaine
Oh, oh, oh,
avec mes sabots

Un bouquet de marjolaine
avec mes sabots
Je l'ai planté dans la plaine
avec mes sabots dondaine
Oh, oh, oh,
avec mes sabots.

Je l'ai planté dans la plaine
avec mes sabots
S'il fleurit je serai reine
avec mes sabots dondaine
Oh, oh, oh,
avec mes sabots.

S'il fleurit je serai reine
avec mes sabots
S'il y meurt, je perds ma peine
avec mes sabots dondaine
Oh, oh, oh
avec mes sabots
Šla jsem domů, byly mraky,
dřevák na nohou,
potkala jsem tři vojáky,
na nohou měla dřeváky,
hou, hou, hou,
dřevák na nohou.

Potkala jsem tři vojáky,
dřevák na nohou,
prej patřím mezi žebráky,
že mám na nohou dřeváky,
hou, hou, hou,
dřevák na nohou.

Prej patřím mezi žebráky,
dřevák na nohou,
ať jsem chudá, čest mám taky,
třebaže nosím dřeváky,
hou, hou, hou,
dřevák na nohou.

Ať jsem chudá, čest mám taky,
dřevák na nohou,
když princ na mě zvedl zraky,
třebaže nosím dřeváky,
hou, hou, hou,
dřevák na nohou.

Když princ na mě zvedl zraky,
dřevák na nohou,
vázaného dal mi taky,
třebaže nosím dřeváky,
hou, hou, hou,
dřevák na nohou.

Vázaného dal mi taky,
dřevák na nohou,
dal mi kytku z majoránky,
třebaže nosím dřeváky,
hou, hou, hou,
dřevák na nohou.

Dal mi kytku z majoránky,
dřevák na nohou,
královnou být mohu taky,
třebaže nosím dřeváky,
hou, hou, hou,
dřevák na nohou.

Královnou být mohu taky,
dřevák na nohou,
zkvete-li kvet majoránky,
třebaže nosím dřeváky,
hou, hou, hou,
dřevák na nohou.

Zkvete-li květ majoránky,
dřevák na nohou,
zvadne-li, dál se žebráky
zas budu nosit dřeváky,
hou, hou, hou,
dřevák na nohou.

Le bon roi Dagobert

Cette chanson, qui date peut-être de 1750, évoque le roi des francs Dagobert 1er (602-638) et son ministre Eloi, mais en fait Dagobert n'était nullement bon. D'autres couplets sont ajoutés au fil des temps. A l'époque de Napoléon elle acquiert une connotation politique et en 1814 est interdite.
Le bon roi Dagobert
Avait sa culotte à l'envers
Le grand saint Eloi lui dit
O mon roi, votre majesté
Est mal culottée
C'est vrai lui dit le roi
je vais la remettre à l'endroit
Dagobert, dobrý král,
na ruby gatě sobě vzal.
Svatý Eliáš
řek : „Ó králi náš,
slavný králi náš,
gatě ne rub máš.”"
„Eh co,”" král na to dí,
„to se zas na líc obrátí.”"
  Jak gatě převlékal
svou kůži trochu ukázal.
Svatý Eliáš
řek : „Ó králi náš,
čert by tvoji pleť
moh ti závidět.”"
„Éh co,”" král na to dí,
„ťo královna je černější.”"
Le bon roi Dagobert
Fut mettre son bel habit vert.
Le grand saint Eloi
Lui dit "O mon roi
Votre habit paré
Au coude est percé"
"C'est vrai lui dit le roi,
Le tien est bon, prête-le moi".
Dagobert, dobrý král,
zelený frak si vzal,
zelený krásný frak si vzal.
Světec Eliáš
řek : „Ó králi náš,
lokty svítíte,
což to nevidíte ?”"
„Máš pravdu,”" na to král,
„Ty dobrý máš, ten bych si vzal.”"
Le bon roi Dagobert
Faisait peu sa barbe en hiver.
Le grand saint Eloi
Lui dit "O mon roi
Il faut du savon
Pour votre menton"
"C'est vrai lui dit le roi,
As-tu deux sous ? Prête-les moi".
Dagobert, dobrý král,
si v zimě bradu zarůst dal.
Svatý Eliáš
řek : „Ó králi náš,
měl bys mýdlo vzít,
bradu oholit.”"
„Máš pravdu,”" na to král,
„Však kde bych na to groše vzal ?”"
Le bon roi Dagobert
Avait des bas rongés de vers
Le grand saint Eloi
Lui dit "O mon roi
Vos deux bas cadets
Font voir vos mollets"
"C'est vrai lui dit le roi,
Les tiens sont neufs, donne-les moi".

Le bon roi Dagobert
Avait sa perruqu' de travers.
Le grand saint Eloi
Lui dit "O mon roi
Que le perruquier
Vous a mal coiffé"
"C'est vrai lui dit le roi,
Je prends ta tignasse pour moi".

Le bon roi Dagobert
Portait manteau court en hiver.
Le grand saint Eloi
Lui dit "O mon roi
Votre Majesté
Est bien écourtée"
"C'est vrai lui dit le roi,
Fais-le rallonger de deux doigts".

Le bon roi Dagobert
Mangeait en glouton du dessert
Le grand saint Eloi lui dit
O mon roi vous êtes gourmand
Ne mangez pas tant
C'est vrai lui dit le roi
Je ne le suis pas tant que toi

Le bon roi Dagobert
Avait un grand sabre de fer
Le grand saint Eloi lui dit
O mon roi, votre majesté
Pourrait se blesser
C'est vrai lui dit le roi
Qu'on me donne un sabre de bois

Le bon roi Dagobert
Allait à la chasse au pivert.
Le grand saint Eloi
Lui dit "O mon roi
La chasse aux coucous
Vaudrait mieux pour vous !"
"Eh bien ! lui dit le roi,
Je vais tirer; prends garde à toi !".

Le bon roi Dagobert
Faisait des vers tout de travers
Le grand saint Eloi lui dit
O mon roi, laissez aux oisons
Faire des chansons
C'est vrai lui dit le roi
C'est toi qui les feras pour moi

Le bon roi Dagobert
Voulait s'embarquer sur la mer
Le grand saint Eloi lui dit
O mon roi Votre majesté
Se fera noyer
C'est vrai, lui dit le roi
On pourra crier : le roi boit !

Le bon roi Dagobert
Voulait conquérir l'univers.
Le grand saint Eloi
Lui dit "O mon roi
Voyager si loin
Donne du tintouin"
"C'est vrai lui dit le roi,
Il vaudrait mieux rester chez soi".
 
Le bon roi Dagobert
Chassait dans la plaine d'Anvers.
Le grand saint Eloi
Lui dit "O mon roi
Votre Majesté
Est bien essoufflée"
"C'est vrai lui dit le roi,
Un lapin courait après moi
Dagobert, dobrý král,
u Antverp honbu pořádal.
Svatý Eliáš
řek : „Ó králi náš,
chrabrý králi náš,
vždyť se udýcháš.”"
„Máš pravdu,”" na to král,
„Však to se zajíc za mnou hnal.”"
10- Le bon roi Dagobert
Se battait à tort, à travers.
Le grand saint Eloi
Lui dit "O mon roi
Votre Majesté
Se fera tuer
"C'est vrai lui dit le roi,
Mets-toi bien vite devant moi".
Dagobert, dobrý král,
hned s každým do rvačky se dal.
Svatý Eliáš
řek : „Ó králi náš,
velký králi náš,
ty se zabít dáš !”"
„To moh bys pravdu mít !
Běž přede mne se postavit !”"
  Dagobert, dobrý král,
od královny se šidit dal.
Světec Eliáš
řek : „Ó králi náš,
není pochyby :
nosíš parohy.”"
„Co na tom,”" řekl král,
„Můj otec dřív je nosíval.”"
Le bon roi Dagobert
Craignait fort d'aller en enfer
Le bon saint Eloi lui dit
O mon roi, je crois bien, ma foi
Qu' vous irez tout droit
C'est vrai lui dit le roi
Ne peux-tu pas prier pour moi ?
 
Quand Dagobert mourut
Le Diable aussitôt accourut.
Le grand saint Eloi
Lui dit "O mon roi
Satan va passer,
Faut vous confesser !"
"Hélas ! lui dit le roi,
Ne pourrais-tu mourir pour moi ?!"
Než umřel Dagobert
hned přilít pro něj čert.
Svatý Eliáš
řek : „Ó králi náš,
čert si tě chce vzít,
zpověď musí být.”"
Král na to zaškytne :
„Nemoh bys umřít místo mne ?”"

Mariann' s'en va t'au moulin

Une marche bretonne datant du 1600.
Mariann' s'en va t'au moulin
Afin d'y fair' moudre son grain,
Assise sur son âne,
La belle petite Marianne,
Assise sur son âne Martin,
Pour aller au moulin.

Refrain :
Eh ! Au p'tit trot, p'tit trot, p'tit trot,
C'est le refrain de la meunière,
Au p'tit trot, p'tit trot, p'tit trot,
C'est le refrain de son moulin.
Když Marijánka měla jít,
do mlýna zrní dát si mlít,
na osla posadila
se Marijánka milá,
sedla si na osla Martina
a jela do mlýna.






En chemin ell' rencontra
Une voisine et babilla
Et laissa là son âne,
La belle petite Marianne,
Et laissa là son âne Martin,
S'en aller au moulin.

Mais le loup passait par là,
Et le pauvre âne dévora !
Le loup a mangé l'âne
D'la belle Marianne,
Le loup a mangé l'âne Martin,
S'en allant au moulin.
A mlynář, jak ji uhlídá,
hned Marijánce povídá,
aby ho uvázala
ta Marijánka malá :
„Úvaž si osla Martina
u vrátek do mlýna.”"

Co mlýnská kola klapala,
s mlynářem ona žvatlala,
vlci se z lesa sběhli,
Marijánce osla snědli,
sežrali jí osla Martina,
co jezdil do mlýna.
Et quand Marianne arriva,
Son âne plus ne retrouva.
"Qu'as-tu fait de ton âne,
La belle petite Marianne,
Qu'as-tu fait de ton âne Martin,
S'en allant au moulin ?"

"On me l'a volé, je crois,
En promenant dedans ces bois...
On m'a volé mon âne,
La pauvre petite Marianne,
On m'a volé mon âne Martin,
S'en allant au moulin."
 
Quand le meunier entendit ça,
Trois beaux écus il lui donna.
Ell' rachète un autre âne,
La belle petite Marianne,
Elle rachète un autre âne Martin,
Pour aller au moulin.
Mlynář ji plakat uhlídal,
na nového jí osla dal,
aby tak neplakala,
ta Marijánka malá,
na nového jí dal Martina,
by jezdil do mlýna.
Au logis, quand ell' rentra,
Son homm' de colère éclata :
"Ce n'est pas là notre âne,
La sotte petite Marianne !
Ce n'est pas là notre âne Martin,
S'en allant au moulin."

"Notre âne avait les quat'pieds blancs (bis)
Et les oreilles à l'avenant, (bis)
Et le bout du nez pâle,
La folle petite Marianne,
Et le bout du nez pâle, Martin,
Qui allait au moulin."

"Sais-tu pas, pauvre nigaud, (bis)
Que tous les ân' changent de peau ? (bis)
C'est ce qu'a fait notre âne,
Sur la foi de la petite Marianne,
C'est ce qu'a fait notre âne Martin,
En allant au moulin !"
Jak její muž ho uhlídal,
hned Marijánce povídal :
„Kdes toho osla vzala,
má Marijánko malá ?
Kams dala našeho Martina,
co jezdil do mlýna ?

Měl nohy bílé docela,
a uši byly do běla,
na nose skvrna bílá !
Má Marijánko milá
kdepak jsi nechala Martina,
co jezdil do mlýna ?”"

„Čož nevíš, hlupče, ”" povídá,
„že osel barvu měnívá ?
Ta změna se s ním stala,”"
dí Marijánka malá,
„to změnilo našeho Martina,
když vez mě do mlýna.”"

La Pernette

Origine probable 15e. siècle, centre de la France (région Forez). Il existe beaucoup de variantes en langue d'oc et en langue d'oil, dans la Catalogne et le Piémont. Proche des romances du 12e siècle, chansons de toile. Une version semblable existe chez les Serbes de Lusace.
La Pernette se lève, Tra-la la la la la la la la la,
La Pernette se lève Trois heures avant le jour. (ter)
Elle prend sa quenouillette, Tra-la la la la la la la la la,
Elle prend sa quenouillette Avec son petit tour. (ter)

A chaque fois qu'elle vire,
Pousse un soupir d'amour. (ter)
Sa mère lui demande :
" Pernette, qu'avez-vous ? (ter)

Avez-vous mal de tête,
Ou bien le mal d'amour ? (ter)
- N'ai pas le mal de tête,
Mais bien le mal d'amour. (ter)

- Ne pleurez pas, Pernette,
Nous vous marierions. (ter)
Avec le fils d'un prince,
Ou celui d'un baron. (ter)

- Je ne veux pas d'un prince,
Ni d'un fils de baron. (ter)
Je veux mon ami Pierre,
Qui est dans la prison. (ter)

- Tu n'auras pas ton Pierre,
Nous le pendoulerons. (ter)
- Si vous pendoulez Pierre,
Pendoulez-moi aussi. (ter)

Au chemin de Saint-Jacques,
Enterrez-nous tous deux. (ter)
Couvrez Pierre de roses,
Et moi de mille fleurs. (ter)

Les pèlerins qui passent,
Se mettront à genoux. (ter)
Diront : ' Que Dieu ait l'âme,
Des pauvres amoureux ; (ter)

L'un pour l'amour de l'autre,
Tra-la la la la la la la la la,
L'un pour l'amour de l'autre
Ils sont morts tous les deux. ' " (ter)
Dřív než se rozednívá,
Pernetta spěchá vstát,
Svůj kuželíček vezme
a vezme kolovrat.

Její kolečko se točí,
vždy láskou zavzdychá.
Tu její matka ptá se :
„Čo je ti, dcero má ?

Snad hlavička tě bolí,
či srdce dítě mé ?
Nic neplač, brzo svatbu
už slavit budeme.

My prince tobě dáme,
anebo barona.”"
„Barona nechci,
ni prince, matko má.

Barona, prince nechci,
ty sobě, matko nech,
chci jenom svého Petra,
co hyne v okovech.”"

„Ťy Petra nedostaneš,
ten bude oběšen !”"
„Jestli ho oběsíte,
s ním pověste mě jen !

U silnice nás oba
křest'ansky pohřbíte.
Kalinu mně a růži
Petrovi vsadíte.

Poutníci tudy půjdou,
ulomí snítku z nich,
řeknou : Bůh ochraň duši
milenců nebohých.

Pernetty milující
a Petra věrného,
on zemřel láskou pro ni
a ona pro něho.”"

Compère Guilleri

Chanson du 16e siècle.
Il était un petit homme
Qui s'appelait Guilleri,
Carabi ;
Il s'en fut à la chasse,
A la chasse aux perdrix,

Ref. : Carabi,
Titi Carabi,
Toto Carabo,
Compère Guilleri,
Te lairas-tu (ter) mouri' ?

Il s'en fut à la chasse,
A la chasse aux perdrix,
Carabi ;
Il monta sur un arbre
Pour voir ses chiens couri',
Carabi...

Il monta sur un arbre
Pour voir ses chiens couri',
Carabi ;
La branche vint à rompre,
Et Guilleri tombi,
Carabi...

La branche vint à rompre,
Et Guilleri tombi,
Carabi ;
Il se cassa la jambe,
Et le bras se démit,
Carabi...

Il se cassa la jambe,
Et le bras se démit,
Carabi ;
Les dam's de l'Hôpitale
Sont arrivées au bruit,
Carabi...

Les dam's de l'Hôpitale
Sont arrivées au bruit,
Carabi ;
L'une apporte un emplâtre,
L'autre de la charpie,
Carabi...

L'une apporte un emplâtre,
L'autre de la charpie,
Carabi ;
On lui banda la jambe,
Et le bras lui remit,
Carabi...

On lui banda la jambe,
Et le bras lui remit,
Carabi ;
Pour remercier ces dames,
Guilleri les embrassit,
Carabi...

Pour remercier ces dames,
Guilleri les embrassit,
Carabi ;
Ça prouv' que par les femmes
L'homme est toujours guéri,
Carabi...
Byl jeden panáček,
měl jméno Guilleri,
karabi,
ten jednou na hon šel,
šel na hon koroptví,

Ref. : karabi,
titi karabi, toto karabo,
kmotříčku Guilleri,
snad nechceš být, snad nechceš být,
snad nechceš být mrtvý ?

Ten jednou na hon šel,
šel na hon koroptví,
karabi,
se stromu vidět chtěl,
jak jeho psi běží,
karabi...

Se stromu vidět chtěl,
jak jeho psi běží,
karabi,
v tom pod ním větev praskla
a Guilleri leží,
karabi...

V tom pod ním větev praskla
a Guilleri leží,
karabi,
má nohu zlomenou
a loket vymknutý,
karabi...

Má nohu zlomenou
a loket vymknutý,
karabi,
hned ze špitálu panny
jeptišky přiběhly,
karabi...

Hned ze špitálu panny
jeptišky přiběhly,
karabi,
a obklady a masti
hned s sebou přinesly,
karabi...

A obklady a masti
hned s sebou přinesly,
karabi.
Zavázaly mu nohu
a loket spravily,
karabi...

Zavázaly mu nohu
a loket spravily,
karabi.
Po hubičce jim za to
dal kmotr Guilleri,
karabi...

Po hubičce jim za to
dal kmotr Guilleri,
karabi.
Vidíte, že jen ženská
mužského uzdraví,
karabi...